Alcool au volant : ce que veut le gouvernement en matière d’auto-évaluation et d’éthylotest anti-démarrage

   | Créé le | Article modifié le Retrait-PermisAlcool au volant : ce que veut le gouvernement en matière d’auto-évaluation et d’éthylotest anti-démarrage

Comment lutter « contre la conduite sous l’emprise de l’alcool » ? C’est la question que s’est posée le Comité interministériel de la sécurité routière lors de sa réunion du 9 janvier 2018 présidée par le Premier ministre Édouard Philippe. Pour y répondre, le CISR a imaginé une mesure développée sur 2 axes. Décryptage de Retrait-Permis.com.

Un double objectif pour combattre l’alcool au volant

« Une alcoolémie illégale est en cause en 2016 dans plus de 1 000 accidents mortels et concerne plus particulièrement les hommes et les jeunes conducteurs de 18 à 35 ans », rappelle le CISR dans son dossier de presse baptisé Sauvons plus de vies sur nos routes. « À un taux de 0,5 g/l de sang, le risque d’accident pour un conducteur qui a bu est multiplié par deux par rapport à un conducteur sobre », continue le comité. « Les alcoolémies les plus excessives sont les plus meurtrières : les 2 tiers des accidents mortels liés à l’alcool se produisent avec des conducteurs dont l’alcoolémie dépasse le triple du seuil légal, soit 1,5 g/l. De ce fait, faire évoluer le seuil légal d’alcoolémie aurait un effet très limité sur l’accidentalité« . Pour pallier à ces risques, le gouvernement d’Édouard Philippe s’est fixé un double objectif  :

  • le premier  : « inciter tous les usagers de la route à l’autoévaluation en leur offrant les possibilités de le faire »
  • le second  : « étendre l’usage des éthylotests anti-démarrage (EAD) »

 

Comment inciter les usagers de la route à l’auto-évaluation de leur taux d’alcool ?

Pour inciter les usagers de la route à l’auto-évaluation de leur taux d’alcool, le CISR souhaite d’abord « supprimer l’obligation de détenir un éthylotest dans son véhicule » dès 2018. Pourquoi ? Parce que « la faisabilité et l’efficacité de cette obligation ne sont pas avérées ». Pour cette raison, le gouvernement « préconise d’autres moyens, plus pertinents, pour mettre à la disposition de tous des éthylotests qui ne risquent pas d’être hors d’usage ».

 

Le CISR invite également au développement de « partenariats avec les débits de boissons alcoolisées pour généraliser la mise à disposition d’éthylotests et le développement d’actions conjointes de prévention », toujours pour 2018. Enfin, le comité appelle à partir de 2019 à « généraliser la vente d’éthylotests à proximité des rayons de boissons alcoolisées dans tous les établissements de boissons à emporter ».

 

Comment favoriser l’usage de l’éthylotest anti-démarrage (EAD) ?

Supprimer l’obligation de détenir un éthylotest dans son véhicule ne veut pas dire bannir totalement l’outil – au contraire. Dès 2018, Matignon souhaite rendre obligatoire « la pose d’un éthylotest anti-démarrage avec suivi médico-psychologique en cas de récidive d’infraction de conduite en état alcoolique« . Le Premier ministre veut également « donner la possibilité à un conducteur contrôlé avec un taux d’alcool supérieur à 0,8 g/l dans le sang dont le permis a été suspendu par décision préfectorale de conduire pendant le temps de cette suspension à condition de ne conduire qu’un véhicule équipé d’un EAD, à ses frais ».

 

Crédit photo  : AFP / RMC